Une étude menée par TNS Sofres, du 9 au 23 décembre 2004 auprès de six cents salariés utilisateurs d'informatique (hors fonction informatique et assistantes) et de cent cinquante dirigeants siègeant au conseil d'administration de leur entreprise (de plus de cinquante salariés, hors secteur informatique) montre que 44% des dirigeants d'entreprises françaises estiment que leur informatique n'est pas rentable. C'est un constat extrêmement sévère. Le ROI ne leur paraît pas en phase avec les investissements qu'ils ont réalisés. 46% d'entre eux ne voient pas non plus en quoi l'informatique peut faire progresser le chiffre d'affaires de leur entreprise. De plus 68% d'entre eux ont le sentiment que les utilisateurs ne maîtrisent pas suffisamment leurs outils informatiques.
Cette attente forte des dirigeants est déçue au quotidien : les trois quarts d'entre eux estiments, en effet, qu'ils ne sont pas capable de mesurer la valeur ajoutée de l'informatique. Malgré cela, les dirigeants accordent à l'informatique une place stratégique dans l'entreprise (dans 71% des cas, le DSI est directement rattaché à la direction générale). On onstate donc un paradoxe intéressant : déçus d'un côté mais confiants de l'autre. Les dirigeants se sentent non seulement personnellement attirés par les nouvelles technologies, mais ils ont, en plus, une image très positive des apports de l'informatique pour l'entreprise : c'est un atout pour son développement (83%) et même un avantage concurrentiel (58%)!
Des perceptions très différentes
Le management intermédiaire a une perception très différente de l'apport des technologies de l'information. Là où les managers reconnaissent les bénéfices tangibles de l'informatique en termes de productivité (efficacité interne, qualité et conditions de travail, compétitivité...), les dirigeants ne voient qu'ajustement à la marge. Parallèlement, l'augmentation du stress et le surcroît de travail ressentis par les encadrants sont largement minimisés par leurs dirigeants.
Quant aux utilisateurs, ils sont plutôt satisfaits des changements effectués dans le système d'information. Selon l'étude TNS Sofres - Capgemini, les trois-quarts estiment que les décisions prises concernant le système d'information (orientations, priorités, projets, investissements) sont adaptées à leurs besoins. L'usage de l'informatique est complètement intégré dans les modes de fonctionnement des entreprises, au même titre que le téléphone. Et une majorité d'utilisateurs s'en sert plus de cinq heures par jour. Ils ont d'ailleurs bien vu les gains de productivité possibles : sept salariés sur dix pensent que l'informatique leur permet de travailler mieux et plus vite et ils sont plus de 90% à penser que cela leur permet de gagner en productivité.
Des problèmes de qualité de service
Tout semblerait donc aller pour le mieux? Non car les problèmes informatiques restent toujours un bruit de fond mal ressenti. Quatre cadres sur dix sont confrontés à un problème informatique chaque semaine. Si 71% disposent d'une hot-line à qui confier leurs problèmes, les autres sont obligés de se débrouiller seuls (26%) ou avec l'aide de collègues (36%).
Globalement, les deux tiers des utilisateurs affirment rencontrer des dysfonctionnements au moins une fois par mois.
(Source : CIO Stratégie & Technologie - Mai 2005)
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